Le travail de Tracey Emin a toujours brouillé les frontières entre confession et confrontation — mais dans Sex and Solitude, le silence est presque plus assourdissant que la douleur. Installée dans les salles ornées de fresques du Palazzo Strozzi de Florence, l’exposition rassemble des œuvres nouvelles et existantes qui abordent le désir, le traumatisme, la mémoire et la présence physique — avec une crudité profondément personnelle et résolument humaine.
Des dessins, peintures, néons et sculptures de grand format s’étendent dans des salles qui ont autrefois abrité la richesse des Médicis et les idéaux de la Renaissance. Les figures d’Emin — allongées, convulsives, exposées — contrastent vivement par leur intensité émotionnelle avec le formalisme de l’espace, sans jamais sembler déplacées. Elles occupent l’espace sans demander la permission. Elles nous rappellent la vulnérabilité et la puissance du corps, le désir et la perte, la survie.
Le titre lui-même — Sex and Solitude — donne le ton : l’intimité envisagée non comme séduction, mais comme quelque chose de sacré, parfois brutal, toujours authentique.
C’est Emin dans ce qu’elle a de plus épuré : audacieuse mais sobre, sauvage mais précise. Une exposition qui ne porte pas seulement sur ce qui a été enduré, mais sur ce qu’il faut pour continuer à raconter l’histoire.
À voir au Palazzo Strozzi, Florence
Dates de l’exposition : du 2 mars au 21 juillet 2024
Commissariat : Arturo Galansino






